Les sommiers

Ils assurent la rencontre de l’air et du système de transmission.
Le sommier est une caisse étanche qui doit être de bonne facture pour emmagasiner l’air: En d’autres termes, un sommier est une caisse étanche destinée à recevoir de l’air comprimé pour ensuite le redistribuer aux tuyaux.

Coupe et perspective d'un sommier (d'après dom Bedos)

Coupe et perspective d’un sommier (d’après dom Bedos)

La tuyauterie est la partie sonore d’un orgue. Elle est d’une importance capitale. C’est d’elle que dépend la réussite de l’instrument. Dans chaque orgue nous trouvons deux sortes de familles de tuyaux : les tuyaux à bouche et à anche.

Les tuyaux à bouche

– Un tuyau à bouche est construit d’un pied (1) en forme de cône dont la pointe est percée pour livrer le passage au vent venant du sommier et d’un corps soudé (2) à ce pied, généralement de forme cylindrique. Le diamètre du corps et de la base du cône est donc identique. Le corps et le pied sont aplatis sur un quart de leur circonférence et sur une faible partie de leur hauteur pour former la bouche (3).

tuyaux_bouche01– Le corps et le pied sont séparés à l’intérieur par une cloison (6) soudée appelée biseau.

– le biseau n’est soudé que sur la partie arrondie du corps et du pied. La partie aplatie qui forme la bouche laisse entre son bord et son pied une fenêtre appelée la lumière (7).

– C’est par cette lumière que le vent (8) arrive dans le pied, s’échappe, se brise sur le tranchant de l’aplatissement du corps et engendre ainsi les vibrations.

– aplatissement du corps s’appelle la lèvre supérieure (4), celui du pied s’appelle la lèvre inférieure (5).

C’est l’air, agent vibratoire du tuyau, qui produit le selon le même principe que pour la flûte douce ou le sifflet.

Il y a deux sortes de familles de tuyaux à bouche : les tuyaux ouverts et les tuyaux fermés.
Les premiers sont ouverts dans leur partie supérieure, c’est à dire que les tuyaux ne  possèdent pas de calot1e et ne sont pas fermés. Cet avantage permet à la colonne d’air de vibrer dans toute l’étendue du tuyau sans se réfléchir à l’extrémité.

Les seconds sont fermés par une calotte soudée ou mobile à la différence des tuyaux ouverts. Pour les tuyaux de bois ces pièces s’appellent des tampons. Dans cette famille de tuyaux, la colonne d’air se réfléchit sur elle-même et elle se double dans le tuyau. Un tuyau bouché donne un son d’octave plus grave que celui que donnerait le même tuyau ouvert.

Les tuyaux à anches

tuyaux_anche01Ils sont différents des tuyaux à bouche de par leur constitution. Dans un tuyau d’anche on trouve un agent vibratoire.

Ce type de tuyau se compose d’une partie supérieure appelée pavillon (2) qui est habituellement en étain et d’une partie inférieure qui est le pied (1). La partie intermédiaire est appelé noyau (7). Il est constitué comme une forme de sphère cylindrique. Dans les tuyaux anciens il avait la forme d’une olive.

Dans ce noyau il ya une perforation dans laquelle est fixée une petite gouttière appelée rigole (4) recouverte par une languette en laiton (3). Un coin en bois (5) viendra maintenir le tout en fixant la totalité de l’ensemble dans le noyau. Une fois l’ensemble fixé solidement, une rasette (6) coulissante de bas en haut en acier viendra se poser sur la languette pour lui donner son accord.

La boite expressive, ou volets d’expressions ou encore jalousies

jalousies01La première boîte expressive qui fut identifiée daterait de 1712. La boîte d’expression est un buffet qui se trouve à l’intérieur de l’orgue. Il est formé par des cloisons de bois avec des parois mobiles appelées jalousies.

Cette partie mobile est actionnée par une pédale à bascule, dite pédale d’expression, qui se situe en général juste au milieu et au dessus du pédalier qui permet à l’organiste de produire des effets de crescendo et de decrescendo en ouvrant et en fermant des volets. Ce système très utile pour doser les sonorités, donne une sorte d’expression émue aux soli, et, dans la polyphonie, pour produire des effets de rapprochement ou d’éloignement des sons.

jalousies02Le nombre de jeux enfermés dans la boîte d’expression varie suivant l’importance de l’instrument. Généralement ce sont les tuyaux du clavier du récit qui sont à l’intérieur de cette « boîte », d’où le terme de récit expressif.

Le buffet

buffet01Le buffet est le vêtement de l’instrument, (pour Halluin, le buffet mesure 10 mètres 80 de haut) ; il cache la mécanique et protège la plus grande partie de la tuyauterie de la poussière. Le buffet n’a pas seulement un rôle décoratif ; il sert aussi de résonateur et propage également le son.

Le système de transmission et ses éléments

transmission01L’abrégé, nerf centralisateur de l’instrument est constitué d’une planche de forme trapézoïdale sur laquelle sont rangés des rouleaux pivotant sur des axes. Son utilité est de déplacer latéralement le mouvement que l’organiste opère en enfonçant une touche du clavier. Les sommiers étant beaucoup plus larges que les claviers, il faut donc réduire la dimension à celle des claviers.

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Les vergettes sont de fines tiges en bois partant des touches du clavier pour rejoindre l’abrégé qui conduit le mouvement jusqu’aux sommiers.

Les tirants de registre. Dans l’orgue d’Halluin, c’est par des barres en bois actionnant des axes (pilotes tournants) que l’organiste ouvre et ferme un registre de jeu.

Les pilotes dans l’orgue d’Halluin, la traction des registres se fait par l’intermédiaire de pilotes tournants. Cette mécanique permet le transfert latéral du mouvement entre les registres à la console et le registre coulissant du sommier.

Le sabre est une pièce qui est percée de trous assez larges laissant passer l’équerre de commande qui est insérée à sa base dans la fourche rejoignant le pilote tournant. Chaque tirant de registre est relié par une pièce mobile à son registre coulissant. Cette pièce fait un mouvement de balancier permettant d’ouvrir ou de fermer le registre coulissant.

Les accouplements et les tirasses

accouplements01L’accouplement est une possibilité d’actionner les touches de plusieurs claviers à partir d’un seul clavier. Sur l’orgue d’Halluin nous avons plusieurs possibilités :
– d’accoupler le clavier du Positif sur le clavier du Grand Orgue.
– d’accoupler le clavier du Récit sur le clavier Grand Orgue.
En fait, c’est mettre les jeux initiaux d’un clavier sur un autre clavier.

Les tirasses sont un système identique aux accouplements mais réservées au pédalier. Ce système permet d’accoupler les divers claviers manuels au pédalier. Nous avons trois possibilités qui sont d’amener les jeux du clavier du Grand Orgue sur le pédalier et les jeux du clavier du récit sur le pédalier, les jeux du clavier du positif sur le pédalier.

La machine Barker ou le levier pneumatique

barker01Charles Barker, né à Bath (Angleterre) le 10 octobre 1806, mort à Maidstone le 26 novembre 1879, inventa vers 1832 le mécanisme qui porte son nom et qu’en France on appelle le levier pneumatique. Ne pouvant en faire bénéficier son pays, il l’offrit à Cavaillé-Coll qui construisait, alors, l’orgue de Saint-Denis.

Qu’est-ce que ce levier ?

La résistance que les touches posent aux doigts est d’autant plus forte lorsque les jeux sont plus nombreux; elle naît de la pression de l’air sur les soupapes qui rend quasi injouable les claviers accouplés dans les grands instruments mécaniques.

En fait, le mécanisme Barker consiste dans l’emploi d’un soufflet interposé entre la touche et la soupape, que le doigt de l’organiste posé sur la touche, doit faire mouvoir, afin de faire parler telle ou telle note. Ce soufflet, mis en relation avec la soufflerie par un porte-vent et une autre soupape sur laquelle agit la touche, se gonfle et exerce un effort suffisant pour vaincre la résistance de la soupape placée dans le sommier.
Ce n’est donc pas sur cette soupape à large surface que s’exerce l’effort du doigt de l’organiste mais bien sur la petite soupape alimentaire placée dans le soufflet moteur.
Chaque touche du clavier a ainsi son soufflet moteur. L’ensemble de tous ces petits moteurs distincts, groupés habilement dans un petit espace, constitue cette machine à laquelle, malgré les perfectionnements que A. Cavaillé-Coll y a apportés, a conservé avec raison le nom de machine » Barker » – (Mémoires de Aristide Cavaillé-Coll).

La soufflerie et le système d’acheminement de l’air

soufflerie01 La soufflerie est l’ensemble des matériaux qui aspire l’air et le refoule. Les Grandes Orgues d’Halluin possèdent une soufflerie dite moderne munie d’un ventilateur électrique.

L’ancien schéma pour l’instrument d’Halluin se présentait comme suit: le matériel, la soufflerie électrique, la boîte régulatrice, le soufflet (réservoir d’air) et les porte-vents qui se situaient tout au fond de la tribune juste sous la rosace.

soufflerie02A proximité du ventilateur se trouvait une boîte en bois que l’on appelle » boîte régulatrice « . C’est une boîte rectangulaire qui est traversée par une paroi évidée en plusieurs endroits et sur laquelle repose un rideau qui s’enroule ou se déroule par un système de poulies. L’air traverse cette paroi évidée selon la place laissée par le rideau. Plus l’organiste demande d’air à l’instrument, plus le rideau s’enroule. Ce système permet de réguler le vent de manière constante.

Ensuite l’air est acheminé dans une grande caisse appelée réservoir ou soufflet qui permet de réguler la pression d’air. Sur le haut de ce soufflet nous trouvons une partie plane nommée table. Sur cette table nous y trouvons des poids qui permettent d’assurer une pression constante. Ce soufflet ressemble à un soufflet de forgeron ou à un instrument à plis parallèles.

soufflerie03A l’extrémité du réservoir partent des porte-vents qui distribueront l’air nécessaire aux différents sommiers, pièces maîtresses d’un orgue.  L’orgue d’Halluin en possède quatre: le  Grand-Orgue, le Positif, le Récit et le Pédalier. Le Pédalier peut comporter plusieurs sommiers répartis de chaque côté de l’instrument. A Halluin il se trouve en arrière plan sur la droite au fond de la tribune.soufflerie04

Composition de l’instrument de Charles Anneessens à Halluin

Cette Orgue date de 1892, comprend trois claviers et un pédalier pour 44 jeux.

anneessens04

Grand Orgue
Montre 16′
Bourdon 16′
Diapason 8′
Montre 8′
Flûte harmonique 8′
Viole de gambe 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Flûte octaviante 4′
Quinte 2’ 2/3
Octavin 2′
Tierce 1’ 2/3
Plein jeux 2.3.4. rg
Bombarde 16′
Trompette 8′
Posifif
Diapason 8′
Hohl flûte 8′
Salicional 8′
Bourdon 8′
Flûte 4’
Clarinette 8′
Récit
Bourdon 16′
Diapason 8′
Flûte harmonique 8′
Viole de gambe 8′
Voix céleste 8′
Cor de nuit 8′
Flûte octaviante 4′
Violine 4′
Piccolo 2′
Piccolo l’
Trompette 8′
Basson et hautbois 8′
Voix humaine 8′
Pédalier
Grosse flûte 1 6′
Contrebasse 16′
Soubasse 16′
Flûte 8′
Violoncelle 8′
Quinte 10 2/3
Basse 8′
Flûte 4′
Tubasson 16′
Tuba 8′

 

Les claviers

Grand Orgue de Do 1 à Sol 5
Récit de Do 1 à Sol 5
Positif de Do 1 à Sol 5
Récit
Pédalier de Do 1 à Sol 3

Les combinaisons  

Pos / Péd.     Péd. D’expression
G.O. / Péd     Anches / G.O.
Rec / Péd      Appel anches au Récit

Pos. / G.O.    Anches pédalier
Rec / G.O.     Trémolo
Forté général

anneessens05L’orgue d’Halluin est installé sur une tribune à 8 mètres du sol et à 9 mètres sous la voûte. Il se composait de trois buffets et d’une console séparée. (Maintenant, deux buffets depuis la restauration par la maison Delmotte de Tournai)

Initialement les buffets étaient au nombre de trois et se répartissaient comme suit : quand on se trouvait en bas dans l’église, face à l’orgue, sur la gauche se situe : le Grand Orgue, sur la droite le Récit et sous celui-ci, derrière les boiseries du soubassement, le positif. Et dans le prolongement du positif, le buffet du pédalier. Sous la rosace se positionnait le soufflet primaire, poumon de l’instrument.